Féminitudes au Musée Bruck de Cowansville ( http://www.journalleguide.com/actualites )

10 avril 2017

Elles ne se connaissaient pas, mais leur travail les a réunies. Patricia David et Eugénie Cliche exposent toutes deux au Musée Bruck de Cowansville jusqu'au 20 mai.

Patricia David présente Femmes de l'ombre.... (Catherine Trudeau) - image 1.0

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Patricia David présente Femmes de l'ombre.

Catherine Trudeau

Le titre, Féminitudes, a été choisi par la directrice du musée, Suzanne Morin, pour jumeler les deux expositions qui parlent des femmes. L'approche et la démarche des deux artistes sont toutefois bien différentes. 

Aux fenêtres du musée sont accrochées les oeuvres de Patricia David, qui fait de la mosaïque verre sur verre. « Dans mon point de vue, ce sont les femmes inconnues, qui ont participé aux changements sociaux et historiques, mais qui n'ont jamais eu de reconnaissance­ », dira-t-elle de son travail.

Il faut parfois observer avec du recul ses créations pour découvrir les visages de ces femmes, qui se révèlent au gré de la lumière extérieure. Asiatiques­, Latines, Caucasiennes­ ou Africaines, elles ont toutes laissé leur trace dans l'histoire.  

Mme David a commencé à travailler le verre en 2009. Le vitrail ne lui permettant pas de s'exprimer librement, elle a découvert une technique de verre sur verre peu courant au Québec. 

« J'y ai vu plusieurs opportunités, parce que la superposition du verre n'est pas traditionnelle. Il y a beaucoup de récupération. Par exemple, il y a ici des bases de coupes de vin, explique-t-elle devant une oeuvre de sa série Femmes de l'ombre. Il y a du verre qui vient des abribus brisés de la STM. Ce n'est pas moi qui les casse ! , assure-t-elle en riant. J'ai demandé à la STM ce qu'ils faisaient avec le verre et en sachant qu'on le jetait, j'ai demandé à en avoir. Il y a aussi des retailles de verre à vitrail. »

Elle estime que 80 % du verre qu'elle utilise provient de la récupération. « C'est très important. On gaspille beaucoup. »

Broder sa vie

Eugénie Cliche, de son côté, a toujours été l'amie qui tricote dans des soirées. Couture, tricot et broderie sont ses façons de s'exprimer.

« Au début, je faisais de la broderie all-over. Je trouvais ça restreignant et lourd parce que j'étais prise dans un cadre », explique-t-elle. 

En se séparant du père de ses enfants, elle a commencé à découper les personnages sur ses photos de famille et à les disposer autrement. 

« C'est là que j'ai commencé à travailler sur papier parce que ça me permettait d'éclater mes formats et de projeter les membres de ma famille dans de nouveaux univers. Quand la famille éclate, il faut s'attendre à de nouveaux paysages et des nouvelles manières de voir le monde, et de s'organiser pour vivre. »

Sa série Broderies et gribouillis comptait au départ trente oeuvres. Une douzaine sont exposées, les autres ayant été vendues. 

Mme Cliche a elle aussi récupéré du matériel pour créer un triptyque intitulé Nos amours retailles. «Assez avancée dans ma production, j'avais plein de retailles de broderie. Dans la vie, on prend ce qu'on a - nos joies, nos espérances, nos rêves, nos traumatismes - et on se construit notre bonheur. Nos amours retailles, c'est par rapport à ce désir-là de ramasser ce qu'on a et de se créer son propre bonheur.»