Le Renard, un allié naturel contre la maladie de Lyme

07 août 2017

La présence de prédateurs comme le renard ou la martre aide à combattre les infections véhiculées par les tiques, telles que la maladie de Lyme, affirment des scientifiques néerlandais. Pourquoi? Parce qu'ils chassent les souris porteuses des infections sur lesquelles les tiques se fixent. Explications.

Un texte Radio-Canada

C’est au mois d’août qu’une nouvelle génération de larves de tiques Ixodes scapularis, également connue sous les noms de « tique du chevreuil » et de « tique à pattes noires », éclot et apparaît dans les forêts, les boisés et les herbes hautes d’Amérique du Nord. Dès lors, elles sont à la recherche de leurs premiers repas de sang.

Très souvent, dans les régions du continent où les maladies transmises par les tiques sont à la hausse, elles se nourrissent de souris à pattes blanches et de petits mammifères, faciles d’accès puisqu’ils se trouvent près du sol, reconnus pour transmettre des agents pathogènes aux humains comme la bactérie Borrelia burgdorferi, à l’origine de la maladie de Lyme.

De l’importance des prédateurs

Les travaux  de l’Université Wageningen montrent que la hausse des maladies liées à la tique serait liée à une baisse des prédateurs traditionnels des souris, dont la seule présence les rendait beaucoup plus craintives, mais aussi plus rares.

Moins de souris signifie que les tiques larvaires, qui ne sont toujours pas infectées, pourraient se nourrir à partir d'autres animaux qui ne sont pas porteurs de la bactérie. Une réalité qui permet de diminuer les risques de transmission chez les humains, puisque ceux-ci peuvent uniquement être infectés à partir de tiques qui ont précédemment été nourries par des hôtes infectés.

Encore mieux, les tiques ne pourraient pas trouver cet important premier repas dont elles ont besoin pour survivre et se reproduire. De ce fait, leur nombre diminuerait.

L'étude

Les auteurs de ces travaux publiés dans les Annales de la Royal Societyont vérifié leur théorie en étudiant 20 parcelles forestières d'un hectare aux Pays-Bas présentant des densités de prédateurs différentes. Ils voulaient ainsi mesurer la présence de prédateurs comme les renards et les martres.

Certains de ces terrains étaient des aires protégées, d’autres des espaces où la chasse au renard était permise.

Durant deux ans, les chercheurs ont également trappé des milliers de souris et compté le nombre de tiques qu’elles avaient. Ces tiques ont aussi été testées afin de savoir si elles étaient porteuses de la bactérie de la maladie de Lyme.

Leurs observations confirment leur théorie : plus le nombre de renards (Vulpes vulpes) et de martres (Martes foina) est important, plus le nombre de tiques infectées est faible.

De plus, les chercheurs ont été étonnés de constater que les souris présentes sur les terrains à forte prédation présentaient un nombre moins important de tiques.

La raison? Les rongeurs s’exposent moins au danger, ce qui réduit les possibilités de contamination avec les tiques.

Selon les chercheurs, les changements dans l'abondance des prédateurs ont donc des effets en cascade sur le risque de maladie transmise par les tiques.